Ailleurs en Méditerranée

L’ITALIE

Evoquer les inondations en Italie nous fait vite penser aux fameuses « acque alte » qui recouvrent régulièrement Venise comme cela a été le cas en janvier 2020, cette fois-ci avec une intensité exceptionnelle.

On pense aussi aux vastes crues du Pô ou encore à celle de l’Arno qui, en novembre 1966, a gravement endommagé le patrimoine culturel et architectural de Florence. Cette crue a fait par ailleurs 34 victimes dans toute la Toscane dont 17 dans sa capitale.
Mais l’Italie, totalement soumise au climat méditerranéen, est, à l’exception de la plaine padane, totalement montagneuse (Alpes et Apennins) et est de ce fait quasi annuellement frappée par des crues torrentielles.
La liste en est donc interminable. Par ailleurs le relief et la géologie du pays favorisent presque toujours le déclenchement d’impressionnants mouvements de terrain (frane).
Le risque inondation est particulièrement aigüe sur les franges littorales où le ruissellement, provenant des reliefs qui les dominent, s’abat avec violence sur des zones très densément peuplées. C’est le cas tout particulièrement à Gênes et sur le littoral ligure où surviennent très régulièrement des inondations catastrophiques comme cela a été le cas en 1970, 2010, 2011, 2014 et plus récemment en 2019.

La crue du Tanaro, affluent du Pô, inondant la ville de Garessio dans le Piémont le 5 novembre 1994. Ces inondations ont fait 69 victimes dans tout le Piémont et ont endommagé gravement
de nombreuses communes industrieuses.

Photo Luciano Locci. “Novembre 1994, L’alluvione. Le radici di una catastrofe”.

L’ESPAGNE

Entre Atlantique et Méditerranée, l’Espagne et la péninsule ibérique sont exposées à des événements pluvieux extrêmes.

Les reliefs, très prononcés en bien des régions (Pyrénées, Cantabriques, Sierra Nevada…) favorisent la torrentialité des crues qui les affectent.
L‘occupation du sol, très contrastée entre les zones littorales très densément urbanisées et l’intérieur des terres, plus désert, à l’exception de l’agglomération de Madrid, concentrent l’essentiel des dommages sur les zones côtières.
En conséquence certaines agglomérations ont modifié radicalement leur paysage. C’est le cas de Valence. Après une crue majeure de la Turia, fleuve côtier qui traversait la ville, et survenue du 13 au 15 octobre 1957, les valenciens ont décidé de détourner le cours d’eau. Aujourd’hui, son ancien lit, les jardins de Turia, constituent une large trame verte où sont bâtis des infrastructures sportives et culturelles.
D’autres évènements ont concerné à la fois le pays et la France. C’est le cas bien sûr de l’Aiguat de 1940 (voir page 34) et des inondations du 26 au 28 août 1983 qui ont affecté tout le Pays Basque.
L’automne 2011, a également été, comme en France et en Italie, une saison particulièrement pluvieuse et destructrice comme plus récemment en 2019 où la Catalogne, les régions de Valence, de Murcia et de Madrid ont subi de graves inondations.
Enfin, un autre évènement mémorable est la catastrophe de Biescas qui, le 7 août 1996, a provoquè la mort de 87 personnes dans un camping de cette commune d’Aragon, située au pied des Pyrénées.

Si en France nous avons les épisodes cévenols, les espagnols nomment  de leur côté ce type de phénomène  “Gota fria” qui, là-bas aussi, surviennent principalement en automne.
Elles peuvent parfois se combiner avec un autre phénomène météorologique nommé DANA (Depresión Aislada en Niveles Altos, en français Dépression isolée de niveau élevé) comme ce fut le cas en octobre 2018, quelques jours après les inondations dans l’Aude. Des pluies très brutales provoquèrent de graves inondations sur la côte méditerranéenne et sur Majorque.

Terrassa (Catalogne),
après la crue catastrophique
de le Riera de les Arenes
qui fit 351 victimes
le 25 septembre 1962.

Photo J. Altimira.

LA GRECE ET LES BALKANS

Avec sur cette région aussi, des reliefs vifs qui plongent sur la mer, des franges côtières étroites et des centres urbains parfois très vastes comme notamment l’agglomération d‘Athènes, les Balkans et la Grèce connaissent leurs lots
d’inondations catastrophiques.
Parmi les plus récentes notons celles de Mai 2014 qui ont dévasté la Serbie et la
Bosnie-Herzégovine et celle du 15 novembre 2017 qui a fait des dégâts
considérables à Mandra ville située à 50 kilomètres à l’ouest d’Athènes.

Les rues de Mandra (Grèce) inondées le 15 novembre 2017.
Photo Forecast Weather Greece.

LE MAGHREB

Avec un climat très contrasté, un relief très élevé (Atlas) qui longe la Méditerranée et l’Atlantique, et des centres urbains très densément peuplés à leurs pieds, le Maghreb a tous les ingrédients pour être régulièrement touché par des crues torrentielles majeures.
Le Maroc est ainsi régulièrement touché sur beaucoup de centres urbains comme Rabat, le Rif ou la région de Marrakech dans laquelle, l’Ourika, un cours d’eau très fréquenté par les touristes, donne régulièrement des crues soudaines et démesurées comme cela a été le cas en 1995 et 1999.
En Algérie, les zones rurales comme la Kabylie souvent dévastée par des crues brutales comme en novembre 2018, et les grands centres urbains comme Alger, n’échappent pas aux montées soudaines des eaux des oueds. Dans cette ville, c’est le quartier de Bab-el-Oued (la porte de l’oued) qui est particulièrement exposé. Le 10 novembre 2001, des crues ont fait des centaines de victimes.
Enfin la Tunisie de son côté, également exposée aux pluies torrentielles, a connu, le 22 septembre 2018, des pluies exceptionnelles qui ont frappé le Cap Bon et fait d’énormes dégâts sur l’agglomération de Nabeul.

Sidi Slimane (Maroc) lors de la crue de l’Oued Beth du 23 au 25 novembre 2002.
Photo : Le Matin.